Éclairages initiaux : replacer « J’rap encore » sur le fil de la carrière de Kery James
Rarement un titre n’aura eu autant valeur de manifeste. Avec « J’rap encore », sorti en 2018, Kery James se tient face à l’opinion – la sienne, la nôtre, celle d’une société toujours aux prises avec ses paradoxes – et s’impose, à plus de vingt-cinq ans de carrière, comme une conscience éveillée, ni fatiguée, ni résignée. Cet album, le septième solo du rappeur, n’est ni un acte gratuit de nostalgie, ni un retour à l’âge d’or du rap engagé : il fonctionne comme un miroir tendu à toute son œuvre, un moment de récapitulation, mais aussi de réinvention.
Pour comprendre en quoi « J’rap encore » dialogue avec le passé de Kery James, il faut déconstruire la mécanique des albums précédents, croiser les époques, traquer les obsessions, saisir les virages artistiques. Entre fidélité à son éthique première et transformation de la parole, Kery construit avec cet album une passerelle autobiographique autour des thèmes qui ont jalonné son parcours.