Réel, ou la mise à nu du rap comme art majeur
Kery James n’apporte pas qu’un message : il impose une esthétique, une rigueur. “Réel” nous livre un album dense, sans concession, articulé autour de questions identitaires, sociales, et morales.
La production, assurée en partie par Skread, John Mamann et Spike Miller, délaisse la gratuité du clash au profit de la construction d’un propos. L’austérité musicale devient, pour la première fois à cette échelle dans le rap français, un atout critique.
- La chanson “Lettre à la République” sera plus tard réinterprétée sur scène par Kery James devant 6 000 personnes à la Cigale en 2012, moment fort qui sera relayé par France Inter.
- Des intellectuels, comme François Durpaire (historien), l’utilisent dans des séminaires universitaires pour évoquer identité et mémoire postcoloniales.
La presse ne peut plus regarder ailleurs : parler de Kery James, c’est parler de la société française de 2009. Les “articles-dossiers” fleurissent dans Télérama, L’Express ou Marianne, mettant en analyse les lyrics comme on le ferait pour La Haine de Kassovitz une décennie plus tôt.