Puits d’analyses et de controverses : thèmes, spiritualité, radicalité
Nombreuses sont les chroniques – Groove, Radikal, ABCdrduson – à décortiquer l’évolution du propos. La spiritualité affichée (Kery James, alors récemment converti à l’islam), la revendication d’un positionnement moral, la dénonciation de la superficialité et du matérialisme (“Si c’était à refaire”, “28 décembre 1977”, “Pardonne-leur”) sont analysées avec un mélange de fascination et d’inquiétude dans certains médias.
ABCdrduson - alors site de référence pour les analyses pointues – parlera dès 2001 d’une “rupture narrative” : “Kery James, en faisant le deuil de la toute-puissance du quartier, ouvre la voie à une remise en cause introspective d’une rare honnêteté”.
Ce regard partagé par une partie de la presse s’accompagne cependant de débats. Rap Mag publie un dossier sur le “virage spirituel” du rap français, s’interrogeant sur la réception possible d’un tel disque auprès d’un public adolescent majoritairement laïc, voire athée. La question de la compatibilité entre foi et subversion y est posée sans tabou : Kery James a-t-il domestiqué sa rage ? A-t-il osé, ou trop peu ? L’artiste s’explique en interview : « Ce n’est pas l’apaisement, c’est la lucidité qui me guide ».