Clip 1 : “Mouhammad Alix” — La figure du champion au poing levé
Évacuons le titre éponyme, impossible à ignorer. Le clip “Mouhammad Alix” est une déclaration d’intention. Tourné en noir et blanc, il rappelle l’esthétique du documentaire politique, du film d’archive — à la manière d’un Spike Lee qui aurait grandi en plein Val-de-Marne.
Le décor est sobre mais saturé de symboles : Kery James dans un ring désert, gants serrés, face à l’objectif. La référence à Muhammad Ali est frontale — il reprend explicitement ses gestes, ses slogans contre la société raciale américaine. Mais, au fil des plans, d’autres images s’imposent : visages d’anonymes, poings levés, silhouettes issues des marges. Le ring devient métaphore du combat social.
- Nombre de vues en 2024 : Plus de 21 millions sur YouTube.
- Diffusion : Passages fréquents lors d’expos sur le rap français, à la Philharmonie de Paris (2021).
La réalisation, signée Leïla Sy, accentue la détermination du texte par une caméra qui s’attarde sur les regards — confrontant l’audience, cherchant non le divertissement, mais l’interpellation. Ce n’est pas une invitation à consommer le rap, c’est une convocation à l’écoute.