Kery James, figure des mouvements sociaux contemporains
Le rap de Kery James ne se borne pas à une chronique désabusée de la marginalité. Il se fait chroniqueur des luttes, mais aussi acteur. L’électrochoc du 21 avril 2002, avec la percée du Front National au second tour, marque un virage : Kery James va multiplier, dès lors, les textes qui interrogent le vivre-ensemble, l’égalité, la justice.
En 2008, « Banlieusards » propulse une maxime devenue fameuse : « On n’est pas condamnés à l'échec. » Le titre dépasse le cadre musical. Il est repris, brandi lors des rassemblements, écrit sur les murs, scandé lors de débats citoyens. L’impact sociétal est palpable. En 2018, selon le rapport du CNRS sur l’engagement politique, près d’un quart des jeunes issus des quartiers populaires déclarent s’être intéressés à la politique grâce à une chanson de rap, et Kery James figure parmi les artistes les plus cités.
Parallèlement, il s’implique concrètement dans l’accompagnement des jeunes à travers son association « ACES » (Apprendre, Comprendre, Entreprendre et Servir), visant à financer des bourses pour les lycéens et étudiants issus de milieux modestes (France Inter). Le geste acte, dans la société civile, une continuité de son engagement artistique.