La presse généraliste : entre fascination, agacement et analyses longues
Étonnamment, la posture du “dernier MC” ne laisse pas insensible hors du cercle du rap. Libération publie au moment de la sortie un entretien sans concession titré “Kery James, l’irréductible”, où le rappeur explique sa vision du métier et sa place dans l’histoire d’un mouvement qu’il juge trahi par l’industrie. “Je suis le dernier MC parce que je me lève pour dire : Non, le rap n’est pas qu’un business, c’est un combat de mots et de vie.” (Libération, 2013)
Le Monde va plus loin et analyse l’album comme un manifeste, citant les textes en miroir de la génération IAM, MC Solaar, ou même Akhenaton dans “Demain c’est loin”. Un tableau comparatif publié en juin 2013 par Le Monde place Kery James parmi les “anciens” les mieux streamés en France en 2013, devant Oxmo Puccino et largement devant IAM (plus de 40 millions de streams cumulés cette année-là).
| Artiste |
Streams cumulés en 2013 (France) |
| Kery James |
41,2 millions |
| Oxmo Puccino |
29,5 millions |
| IAM |
24,1 millions |
Dans les chroniques télé, de France Inter à France Culture, certains saluent le “courage” et “l’intégrité”, quand d’autres perçoivent un “revivalisme passéiste”. Kery James, dans ces médias, fait l’objet d’analyses parfois psychanalytiques : le MC, c’est l’enfance perdue du rap, son innocence disparue.