Morceau phare : “Racailles” ou le procès du cliché
Le premier titre marquant, “Racailles”, conjugue urgence et introspection politique. Sorti comme single événement, le morceau s’inscrit dans la continuité de la célèbre question posée par Kery James en 2008 : “Quel est le plus à même d’être racaille : le jeune sans diplôme ou le dirigeant qui explose des millions d’euros en parachute doré ?”.
Dans “Racailles”, Kery James construit un plaidoyer frontal contre la stigmatisation des jeunes de banlieue et la criminalisation médiatique. Le clip, réalisé par Leïla Sy, met en scène la diversité des quartiers, refusant la caricature. Les punchlines ciselées deviennent des armes rhétoriques :
- “À force de nous prendre pour des bêtes, ils ont créé des monstres”
- “Ici, les racailles ne siègent jamais sur les bancs du Sénat”
Ce titre résonne avec une actualité où, en 2016, selon l’INSEE, plus de 20 % des jeunes hommes issus de l’immigration sont sans emploi, bien au-dessus de la moyenne nationale (INSEE). Le mot “racaille”, utilisé par Nicolas Sarkozy en 2005 et resté dans les mémoires, sert ici de miroir tendu à la société, invitant à questionner la part de responsabilité collective dans la marginalisation de tout un pan de la jeunesse française.