Sankara, Malcolm X et la figure du leader révolutionnaire
La dimension panafricaine, l’appel à la révolte éthique contre tous les fatalismes, puise aussi son inspiration du côté des grandes figures du militantisme du XX siècle. Thomas Sankara (« la patrie ou la mort ! »), Malcolm X (« By any means necessary »), mais aussi Martin Luther King, sont des références permanentes chez Kery James.
Il n’est pas anodin que, lors de ses concerts ou dans ses textes, il cite ou fasse référence à des figures telles que Thomas Sankara, président du Burkina Faso assassiné en 1987, qui symbolise l’intégrité morale et l’émancipation africaine. De même, la radicalité assumée d’un Malcolm X inspire la volonté de « se relever par soi-même », leitmotiv chez James.
Dans le morceau 94 c’est le barreau, James convoque explicitement le souvenir de figures révolutionnaires pour inciter à l’action collective et à l’estime de soi. On retrouve ici l’idée, chère à Sankara, que la jeunesse ne doit pas attendre le salut d’autrui — mais s’impliquer, refuser l’humiliation et le néocolonialisme.
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Thomas Sankara (1949-1987) est une figure de droiture et de refus de la compromission, thème omniprésent chez James.
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L’influence de Malcolm X (1925-1965) est manifeste dans le refus du discours victimaire et l’appel à la responsabilité, au courage de la dissonance.
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Ces références s’incarnent dans un discours jamais déconnecté de la réalité du quartier, mais projeté vers l’universel.