Quand les associations locales s’emparent de “Ma Vérité”
Au fil des mois, le morceau sort du périmètre strictement musical pour s’inscrire dans l’arsenal des travailleurs sociaux et des collectifs d’éducation populaire. Quelles formes prend cette appropriation ?
Un outil pédagogique et thérapeutique
Nombre de médiateurs sociaux et animateurs culturels témoignent (cf. Le Monde, 2007) avoir intégré “Ma Vérité” à leurs ateliers. La structure “Paroles Partagées”, basée à Argenteuil, propose par exemple depuis 2008 des séances de décryptage des textes de rap auprès de collégiens. Selon la directrice, “Ma Vérité” suscite des échanges plus profonds sur le sentiment d’injustice, de rejet, mais aussi sur la capacité à se réapproprier sa propre histoire.
À Nanterre, l’association “Quartiers Libres” a témoigné à la radio locale FPP (Fréquence Paris Plurielle, 2011) de l'impact du morceau sur des groupes d’adolescents en rupture scolaire, aidant certains à verbaliser des souffrances jusqu’alors tues.
Un vecteur d’engagement citoyen
-
De nombreuses campagnes de sensibilisation contre les discriminations ont intégré la chanson à leur arsenal pédagogique : en 2010, lors de la campagne “Banlieues Respect” portée par la LICRA et la Fondation Abbé Pierre, “Ma Vérité” était diffusé lors des tournées de débats publics et ateliers de prévention.
-
Plusieurs collectifs féminins et mixtes employant la médiation par l’art citent Kery James comme une référence centrale, y compris dans des villes comme Toulouse, Roubaix ou Marseille (source : Vie Publique, 2013).