Perspectives : quand l’icône devient pont
Est-ce le chant du cygne ou l’aube d’une nouvelle ère ? Kery James, par J’rap encore, s’impose à la fois comme gardien d’un héritage et passeur entre les générations. Ce rôle, il le prend sans arrogance, mais avec lucidité et détermination.
À l’heure de la rapidité et de la consommation immédiate des œuvres musicales, son album fait figure de manifeste, rappelant que le rap français, fort de ses racines et de ses luttes, a tout à gagner à s’ancrer dans la durée. La question de la réaffirmation, posée par ce disque, est donc moins celle d’un come-back que celle d’une persistance : persistance d’une voix identifiable, d’une écriture qui refuse la facilité, d’une parole qui s’adresse à tous mais ne s’abaisse jamais.
Difficile désormais d’imaginer l’histoire du rap hexagonal sans la présence de ce vétéran têtu, dont l’album J’rap encore a replacé la nécessité du dire, du transmettre et de l’espérer au cœur d’une musique trop souvent guidée par l’immédiateté. Une réaffirmation, certes. Mais surtout, une nouvelle étape d’un parcours qui ne cesse d’interroger ce que peut – et doit – être le rap français.