Regards croisés : la scène de Kery James, entre héritage rap et invention permanente
Contrairement à certaines scènes rap qui reproduisent à l’identique la version studio, Kery James joue la surprise et la mutation. Il s’inscrit dans la lignée d’artistes pour qui la scène n’est pas accessoire, mais transformatrice : IAM dans les shows orchestraux du Stade Vélodrome en 2019, Oxmo Puccino dans ses concerts « Jazz Poetry » ou, aux États-Unis, Kendrick Lamar et ses performances narratives lors de la tournée « DAMN. ».
Pour Kery James, c’est la performance physique, la fatigue même, qui donne sens à la parole. Sur Instagram, il confie après chaque concert : « Si je n’en sors pas épuisé, c’est que j’ai raté quelque chose. » Il y a ici un refus de l’automate, au profit d’une parole incarnée, qui devient, par la scène, un appel au vécu collectif.