Naissance d’un débat public : polémique, prises de position et fractures au sein du rap
L’impact de l’album ne tarde pas à se faire sentir : forums, radios, plateaux TV – partout, on discute du « malaise » soulevé par Kery James.
- Dans la presse spécialisée : Le magazine Rap Mag consacre un dossier complet à « l’éthique du rap business », prenant l’album comme point de départ (numéro de mai 2008).
- Résonance dans les médias généralistes : Libération titrera dans son édition du 18 juin 2008 : « Kery James dynamite le consensus mou du rap français ».
- Réponse des pairs : Plusieurs rappeurs, de Rohff à Youssoupha, prennent position sur les plateaux et dans des interviews, entraînant une série de débats, de clashs parfois feutrés, sur les réseaux émergents (Skyblog, MSN, MySpace…).
Le point culminant : la séquence télé sur France 2, dans « Ce soir (ou jamais !) », où Kery James est opposé à des chroniqueurs et experts. L’enjeu – la lutte des classes, la place de la culture urbaine, mais aussi la « moralisation » du secteur artistique – est désormais posé.
Débat sur les relations entre artistes et industrie :
- Certains accusent Kery James d’idéaliser l’autonomie et de diaboliser le partenariat avec les labels.
- D’autres, au contraire, saluent l’audace de remettre en cause la fausse neutralité d’un business qui capitalise sur les identités en oubliant leur authenticité.
Quelques chiffres pour contextualiser : en 2008, plus de 70 % des albums urbains étaient produits par des filiales de majors (source : IFPI). La question de l’indépendance, soulevée par Kery James, devient centrale dans nombre de discussions, y compris lors de tables rondes du Printemps de Bourges ou des conférences du festival Hip Hop Citoyens.