Un texte miroir pour toute une génération ?
“Si c’était à refaire” fonctionne d’abord comme un miroir tendu à l’auditeur, qu’il soit issu des quartiers ou non. Les thématiques principales qu’il embrasse — introspection, mémoire, critique sociale, engagement, quête d’identité et spiritualité — constituent la matrice d’un rap qui, loin de se contenter d’agiter la colère, invite à la métamorphose.
En s’inscrivant dans la tradition du rap français dit “conscient” — aux côtés d’artistes comme Akhenaton, Youssoupha ou Médine —, Kery James pose là une pierre angulaire de l’autocritique post-banlieue, faisant du doute et de la réflexion les armes d’une possible émancipation.
À l’heure où tant de débats refont surface sur l’éducation, la mémoire et les récits collectifs, ce texte garde sa pleine actualité. Il continue d’interpeller sur ce que nous faisons, ou referions, de nos héritages — et sur la façon dont l’art, loin d’être simple divertissement, peut ouvrir des brèches, et peut-être, panser quelques blessures (Source : entretien Le Monde 2012 ; analyse Booska-P 2017).